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Nous aurions pu nous attendre à une pièce un rien désuète au charme un peu fou des années 30, avec ce qu’il faut de triangles amoureux et de cocus ravis. Et bien non, cette agréable et cocasse comédie bourgeoise aux accents vaudevillesques se révèle délicieusement intéressante et nous offre un spectacle brillant et réussi.

Écrit en 1927 par Édouard Bourdet sur l’univers de l'édition, ce texte résonne encore aujourd'hui de ses traits vraisemblables. Bourdet décrit avec une ironie implacable ce milieu littéraire où de jeunes loups avides et de vieux-beaux ringards luttent pour conquérir ou préserver leurs places. Les répliques féroces et drôles servent les situations aux parfums âcres du calcul et de la trahison.

Nous ne pouvons pas nous empêcher, alors, de nous souvenir du texte impitoyable de Thomas Bernhard « Nos prix littéraires » qui, dans cette même lignée, cingle les détours, les contours et les débours éhontés de ce monde-là.

Non contents d’intriguer pour leurs affaires, nous voyons nos prédateurs s’embourber dans des intrigues sentimentales qui ne manquent de piquant coloré et d’humour grinçant. Nous passons de la comédie aux allures sociales au vaudeville, nous amusant des répliques affutées et des situations scabreuses. Tout est bon pour acquérir la notoriété d’un prix littéraire ou tout simplement écrire un livre, jusqu’à faire de sa vie et de celles des autres un jeu de miroirs méprisables et réglables à merci.

La mise en scène de Jean-Paul Tribout met habilement l’accent sur les personnages. Leurs attitudes et leurs relations sont soigneusement dessinées et calées au cordeau. Les situations s’installent rapidement et sont fluides à souhait.

Le décor et les accessoires d’Amélie Tribout comme les lumières de Philippe Lacombe et le son de Philippe Latron sont remarquables, suffisamment réalistes et créant les ambiances qui conviennent. Les costumes magnifiques de Sonia Bosc, au soin classieux, apportent une belle prestance aux personnages.

La distribution rivalise de jeux clairs et précis, malicieux et intenses. À noter un Jean-Paul Bordes toujours aussi bon, donnant de la tendresse et de la mesquinerie à son personnage de galant calculateur haïssable. Entouré par des comédiens de haut vol, nous avons là du très beau linge !

Une agréable découverte d’Édouard Bourdet admirablement jouée dans ce spectacle des plus sympathiques. À voir sans hésiter.

Mise en scène Jean-Paul Tribout. Décor et accessoires de Amélie Tribout. Costumes de Sonia Bosc. Lumières de Philippe Lacombe. Son de Philippe Latron. Collaboration artistique de Xavier Simonin. Avec : Caroline Maillard, Jean-Paul Bordes, Éric Herson-Macarel, Xavier Simonin, Laurent Richard, Jean-Marie Sirgue Et Jean-Paul Tribout.

Le lundi à 19h00 (relâche le 17 octobre) et du mardi au samedi à 21h00 – 20 avenue Marc Sangnier, Paris 14ème – 01.45.45.49.77 – www.theatre14.fr

 

- Photo Lot -

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