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Ivan Calbérac n’en est pas à sa première esquisse sur la « Famille, sa Vie, son Œuvre ». Que cela soit du point de vue des parents, des grands-parents ou des enfants. Bien sûr, son écriture habile lui permet de nous faire rire et sourire souvent, de nous émouvoir aussi. Il n’en reste pas moins un observateur perspicace et malicieux des relations affectives au sein des familles, ordinaires ou pas. Du film « Une semaine sur deux -et la moitié des vacances scolaires- » en passant par les pièces « L’étudiante et monsieur Henri » ou « une famille modèle » jusqu’à ce VENISE N’EST PAS EN ITALIE, il nous convainc dans son attachement à nous montrer les multiples visions du bonheur dans les relations familiales qui ne sont pas toujours remplies de tendresse ni chargées de violence non plus. Il y a comme un malin plaisir chez cet auteur à nous faire rire ou grincer de dents, des petits riens qu’il sait extraire de la quotidienneté qui pourrait être la nôtre (enfin, la vôtre surtout…).

Le pitch est déjà savoureux : « Émile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l’invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l’accompagner en caravane... ». Vu comme ça, nous pourrions penser que c’est juste improbable, trop tiré par les cheveux, risqué à monter sur une scène ? Une erreur, un oubli, une évaporation soudaine de conscience ?... Oh que non, Tonton ! Pas du tout, Doudou !... C’est un délice de haute gourmandise que nous avons là !

Ce road movie à la Calbérac est une réussite de poésie amusée, de clins d’œil aux maladresses de la jeunesse et aux émois attendrissants des premiers amours, de coups de gueule aux parents envahissants même si c’est pour ton bien mon fils !...

VENISE N’EST PAS EN ITALIE est d'abord un roman publié en 2015, dont l’auteur lui-même met en scène son adaptation théâtrale avec un soin précis et un rythme soutenu. Si l’on ajoute une scénographie ingénieuse et des lumières superbes, nous avons là un très beau spectacle !

Mais il fallait un bon comédien pour réussir le tableau, jeune, sympa et tout. Ne cherchez pas, on l'a !... Thomas Solivérès est époustouflant. Il joue seul en scène tous les personnages de la pièce avec une pêche d’enfer, y compris bien sûr cet ado d’Émile, drôle et attachant, pas trop chiant pour un ado mais amoureux grave comme un garçon de 15 ans sait l’être. Nous ne pouvons que saluer sa prestation impeccable. Il est crédible comme pas un ! Même sans boutons d’acné sur le visage, il est cet ado. Il le joue juste, naïf et émouvant, drôle et piquant. Il nous montre avec finesse et brio combien Émile est rempli d’amour pour Pauline et de haine pour son frère (c’est sûr qu’on aimerait l’écraser contre le mur avec un bulldozer, celui-là) qui pourtant lui montre une bienveillance juste à point (c’est pour cela que les clés du bulldozer sont restées dans le tiroir) et pour ses parents ? No comment ! Entre une mère étouffante et un père un rien frappé, ça va !…

Nous nous amusons tout le long. Une histoire bien ficelée, truffée de situations franchement hallucinantes par moments et de messages à double-fond pas innocents du tout. Nous passons un très agréable moment de théâtre. Sans doute un des spectacles incontournables de cette saison.

 

Une pièce écrite et mise en scène par Ivan Calbérac. Lumières d’Alban Sauvé. Scénographie de Camille Ansquer. Costume de Caroline Gichuki. Avec Thomas Solivérès.

Du mercredi au samedi à 19h00, le dimanche à 15h30 - 14 bis rue Sainte Isaure, Paris 18ème - 01 42 62 35 00 - www.theatredesbeliersparisiens.com

- Photo © Svend Andersen -

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