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Cette comédie, peu souvent jouée, est écrite en 1909 par Georges Courteline (et Pierre Wolff) à partir d’une de ses nouvelles. Nous y retrouvons sa verve comique mêlée à cette forme de sympathie un peu cynique qui se dégage de ses personnages, qui traversent ses pièces et en font sa couleur. Nous sommes très vite embarqués dans une farandole d'amants, de maitresses et de quiproquos, dans laquelle nous rions, bousculés et ravis par les situations proches du burlesque aux répliques mordantes, amusantes voire un peu « cruches », parsemées de séquences chantées inédites et remarquables.

La vie quotidienne de la petite bourgeoisie, effrontée et misogyne, de ce début de siècle y est dépeinte avec un humour moqueur et cinglant, et une description implacable des travers prétentieux. Une certaine bienveillance pour les protagonistes ressort toutefois de l'argument. Courteline fait souvent sourire avant de nous faire rire. Mais ne nous méprenons pas sur l’indulgence qui semble animer le dramaturge. Cela ressemble à un adroit subterfuge pour que sa malice passe la rampe et soit comprise du plus grand nombre. Ce talent d'écriture a sans doute contribué à en faire aujourd'hui un auteur classique des plus savoureux, aux histoires cocasses et boulevardières qui font mouche.

La compagnie l’Envolée Lyrique s’empare de LA CRUCHE pour en faire, nous dit-elle, un spectacle « drôlement lyrique et poétiquement féroce ». Promesse tenue ! Du beau travail que voilà ! Nous nous y amusons de ces passages truffés d'incongru merveilleux, de pointes espiègles et d’invitations répétées aux échappées foldingues. De belles voix et de jolies musiques enrobent le spectacle d'un esprit plaisant aux allures d'opérette.

La maîtrise vocale des comédiens-chanteurs offre à entendre de délicieux airs a capella ou accompagnés à la guitare, polyphoniques ou bien sola voce avec bruitages ou parties d'orchestre chantées en murmure. Ils se démènent tous aussi bien qu'ils chantent !

La mise en scène ardente d'Henri de Vasselot, à qui l'on doit les ajouts de chansons bienvenus, donne à l'ensemble une ambiance de divertissement particulièrement réussie.

Une friandise de théâtre musical : Un texte plaisant, une distribution enthousiaste, des costumes superbes, une musique légère et agréable. Un bon moment.

 

De Georges Courteline. Mise en scène et scénographie d’Henri de Vasselot. Assistance à la mise en scène de Pauline Paolini. Création Lumières de Thomas Jacquemart. Costumes de Florence Alayrac. Avec : Antonine Bacquet ou Agathe Trebucq, Florence Alayrac ou Maria Mirante, Martin Jeudy ou Marc Valéro ou Alexander Swan et Marc Sollogoub ou Henri De Vasselot.

Du mardi au samedi à 19h00 et le dimanche à 15h00 – 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème – 01.45.44.57.34 – www.lucernaire.fr

- Photo © Cédric Barbereau -

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