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Quel doux et délicat spectacle, fait de confidences discrètes, de découvertes heureuses et d’émotions sensibles.

Dans une ambiance où le récit conté se mêle à un onirisme velouté, au son de la musique d'Érik Satie, ce spectacle est une balade savante et poétique parsemée de tendresse et baignée du respect mutuel qui éclaire la merveilleuse amitié entre une enfant, Carole, et l'artiste Jean Cocteau.

Tiré du livre homonyme de Carole Weisweiller publié en 2011 et adapté pour le théâtre par Bérengère Dautun, nous découvrons une partie de la vie de Jean Cocteau, peu connue : La douzaine d’années où il vit de façon régulière de longs moments dans la famille de Francine Weisweiller, mécène qui compta beaucoup pour de nombreux artistes de l’après-guerre, en particulier pour Cocteau, le Prince des Poètes.

Parmi les figures de proue du mouvement artistique de cette époque, Cocteau déborde d’une richesse créatrice intarissable et marquera par sa contribution iconoclaste et débridée. Cinéaste, écrivain, plasticien et surtout… poète, statut auquel il confère une proximité prédominante à toute son œuvre.

Tout le long du spectacle nous découvrons, surpris et ravis, l’homme derrière son talent. Au fil des souvenirs égrenés, des anecdotes, des dessins et des fragments de peintures ou d’extraits de lettres, Carole Weisweiller, la fille de Francine, nous confie des morceaux de vie, tirés de son enfance et de sa jeunesse. Elle nous raconte avec une admiration respectueuse ces moments partagés ou ces instants volés avec celui qu’elle appelait monsieur Cocteau. Une amitié inaltérable d’une enfant et d’un grand artiste dont la mort a interrompu les rencontres mais n’a sans doute pas brisé la fidèle et profonde estime de cette femme, établie à jamais.

Pascal Vitiello signe une mise en scène adroite avec un parti-pris évident de discrétion, mêlant au récit captivant de Carole, la présence quasi onirique et surnaturelle du personnage de Cocteau. Dans un décor épuré, à l’aide de quelques images projetées, notre attention est centrée sur ce qui est dit, troublée par moments par la présence du personnage de Cocteau qui est là, toujours présent, comme une image éternelle.

Bérengère Dautun conte avec raffinement et une intensité vibrante les séquences choisies pour révéler cette amitié belle comme un soleil d’été et douce comme un lit de sable chaud.  Elle nous émeut par la sincérité des sentiments qui lient celle qui l'appelait monsieur Cocteau à celui qui l’appelait la demoiselle aux deux mains gauches.

Guillaume Bienvenu nous surprend de sa maîtrise sobre et fluide du personnage de Cocteau. Il ponctue le récit de Carole, il rit, il dit des bribes extraites de ses lettres et commente ses dessins avec charme et légèreté. Il évolue sur le plateau avec une aisance saisissante nous livrant avec allégresse les états d’âme de Cocteau, que l’on devine gorgés de bonté.

Un beau couple de théâtre pour un joli récit biographique. Un magnifique hommage que ce très agréable spectacle. À déguster sans hésiter.

 

De Carole Weissweiller. Adapatation de Bérengère Dautun. Mise en scène de Pascal Vitiello. Lumières et vidéo de Mathieu Nenny. Son de Sylvain Denis. Avec Bérengère Dautun et Guillaume Bienvenu.

Les lundis et les mardis à 19h00 – 5 rue La Bruyère, Paris 9ème – 01.48.74.76.99 – www.theatrelabruyere.com

 

- Photo © Lot -

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