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Suspens cocasse, prenant et très bien joué !...

Je suis très triste de vous annoncer que cette pièce est bourrée d’actes aussi odieux que ridicules, dans laquelle les personnages se déchainent, au prétexte vain de vouloir gagner toujours plus d’argent.

Autant le dire tout de suite, le petit chat est mort. Voilà c’est fait. Oui je sais, monsieur Nicolas Briançon, vous nous avez demandé aux saluts de ne rien dévoiler. Mais trop c’est trop ! C’est insupportable tout de même, cette pauvre bête !...

Peut-on m’expliquer pourquoi cette méchante haine que personne ne voit venir et puis crac ? Tout le monde sait qu’il ne faut pas trop serrer le collier d’un petit chat. Un cou, chez le chat comme chez l'homme, c’est fragile comme un pull-over à col roulé de chez Spencer and Tracy !... Et ces araignées écrasées inutilement dans ce tapis enroulé et horrible que même à Castotracas on n’en trouve plus d’aussi moches ? Hein pourquoi ? Ces pauvres petites bêtes quand même…

En plus, il y avait de l’orage ce soir-là, qui peut me dire pourquoi la fenêtre de la véranda est restée ouverte ? Au risque de voir surgir un mort-vivant ou autre dame blanche en collant noir, au regard douteux, au parlé inconnu et dont on ne sait pas d’où elle vient, que même un interprète poli et polyglotte aurait rendu son tablier et ses lunettes.

Ah ça, vous savez qu’il fallait avoir le cœur bien accroché pour ne pas ressentir cette peur horrible digne d’un film d’horreur. C’était un coup à faire un infarctus, je vous le jure !

Et puis le pompon, tonton ! : « Il y a trop de frayeur dans cette pièce » dit ma voisine de gauche que j’entendais depuis un moment haleter genre asthme ou orgasme, « je m’en vais, laissez-moi passer, s’il vous plaît » Ah non, je lui dis, vous restez ! Plutôt mourir ensemble que de se lever pour se faire repérer et se faire tirer dessus comme des lapins, vous avez remarqué qu’ils ont tous des pistolets ? Je ne bouge pas et je reste jusqu’au bout, des fois que ça vire au cauchemar, genre OK Corral un soir de pleine lune, façon Rosemary’s Baby.

Ira Levin, dramaturge newyorkais écrit cette pièce incroyable et inracontable en 1978. Auteur à succès, il signe de nombreuses pièces de théâtre et des romans prestigieux dont le fameux Rosemary’s Baby justement, duquel un film prodigieux est tiré, devenu aujourd’hui un classique.

Les spectateurs comme les personnages sont pris au piège. Celui, savoureux, d’un thriller savamment ficelé où aucun rebondissement n’est prévisible et où le rire accompagne les situations cocasses au suspens prenant qui tient en haleine jusqu’à la fin.

Drame de l’argent, amours rendus impossibles par tant de cupidité, illusions sur la sincérité des sentiments de l’autre ? Tout en possible et tout est vain dans cette magnifique souricière infernale où la mort guette, joue et gagne.

La mise en scène d’Éric Métayer est d’une précision diabolique. Tout est calé au cordeau. Le rythme, les respirations et les indications de jeux sont de l’ordre du travail d’excellence. Les situations nous surprennent à chaque fois, les répliques nous prennent de court aussi. Le rire nous sauve, l’ensemble nous ravit.

Les comédiens nous sidèrent de leur cynisme tranquille, de leur sournoise évolution dans cette histoire, comme « si de rien n’était ». Du beau boulot.

Nicolas Briançon excelle comme d’habitude, son jeu puissant et crédible nous étonnera toujours, un délice de comédien. Cyril Garnier la joue fine en beau gosse qui a des idées derrière la tête. Virginie Lemoine finit par nous toucher de son étrange comportement. Sarah Gellé (coup de chapeau ! Elle reprend au pied levé le rôle de Marie Vincent blessée, sans texte à la main, limpide !) est une troublante voyante, belle et tragique. Damien Gajda joue avec simplicité et efficacité l’avocat ambigu dans ses sentiments.

Une distribution impeccable qui nous a emberlificotés, chambardés, tourneboulés, chamboulés et finalement emportés dans ce très agréable spectacle aux rebondissements audacieux et jubilatoires. Incontournable spectacle de la saison.

 

D’Ira Levin. Adaptation de Gérald Sibleyras. Mise en scène d’Éric Métayer, assisté par Sarah Gellé. Décor d’Olivier Hebert. Costumes de Cécile Adam. Lumières de Gaëlle de Malglaive. Son de Vincent Lustaud. Avec Nicolas Briançon, Cyril Garnier, Virginie Lemoine, Sarah Gellé (en remplacement provisoire de Marie Vincent) et Damien Gajda.

Du mardi au samedi à 21h00 et le samedi à 15h30 – 5 rue La Bruyère, Paris 9ème – 01.48.74.76.99 – www.theatrelabruyere.com

- Photo © Lot -

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