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L’auteur Olivier Sourisse crée cette pièce en 2016. Dans un univers proche du fantastique où mystère et songe se confondent merveilleusement, il nous emporte dans une étrange histoire aux contours oniriques impressionnants.

Il y est parsemé des brides de vie dont nous ne savons pas si elles sont d’hier ou d’aujourd’hui, d’ici et maintenant, d’avant et d’ailleurs, si nous les voyons vraiment ou si nous les imaginons au travers du tamis des situations et du texte.

Florence rentre chez elle avec Simon qu’elle a rencontré, allongé sur les rails du quai numéro cinq, une nuit d’hiver où la neige épaisse recouvre tout. Simon est transi de froid, il parait hagard et renfermé. Florence porte en elle une détermination puissante et protectrice, offrant le réconfort et le repos à Simon.

Échanges et silences, regards et agitations, colères et accalmies se succèdent dans un huis-clos haletant duquel seule Florence semble pouvoir s’extraire et revenir. Simon se livre avec parcimonie et prudence, Florence répond aux questions avec circonspection, écoute et questionne, recherchant la confidence avec une bienveillance surprenante. Peu à peu, ils se dévoilent et découvrent des points communs.

La vérité sortira-t-elle du passé de Florence et de Simon ? Passé simple ou composé qui semble leur faire mener un combat de vie et de mort contre d’inassouvis remords, d’impossibles révélations. Œuvrant à la recherche d’une nécessaire rémission afin de concevoir la fin irrévocable de cette si étrange rencontre.

La mise en scène de Quentin Defalt entretient le trouble avec adresse. Il centre notre attention sur les personnages, ce qu’il se joue entre eux, ce qu’ils disent, ce qu’ils taisent. Un jeu de lumières précis les accompagne dans un décor gris et noir, épuré et réduit au nécessaire, froid comme l’antichambre de l’oubli, du secret et du silence. L’étrangeté de cette ambiance mystérieuse qui règne en permanence se trouve renforcée par un fil sonore sombre et mystérieux, rythmant avec lancinance de temps à autre, le cours de l’histoire comme des pertes d’une eau vive qui surgissent aux détours d’un torrent.

Nous sommes dans du théâtre d’acteurs et d’atmosphère, magistralement joué par deux très bons comédiens. Sylvia Roux, lumineuse en Florence impressionnante, glaciale puis chaleureuse. Thomas Lempire, bouillonnant et rendant avec une vive intensité les meurtrissures de son personnage. Du très bel ouvrage.

Une pièce étonnante, des comédiens magnifiques. Un beau temps de théâtre que ce surprenant spectacle audacieux et troublant. Incontournable et incroyable rendez-vous avec Florence et Simon, à ne pas manquer !

 

D’Olivier Sourisse. Mise en scène de Quentin Defalt. Collaboration artistique d’Alice Faure. Scénographie d’Agnès de Palmaert. Lumière d’Olivier Oudiou. Création sonore de Ludovic Champagne. Costumes de Mine Vergès. Avec Sylvia Roux et Thomas Lempire.

 

Du mardi au samedi à 21h00 et le dimanche à 15h00 – 78 bis Boulevard des Batignolles, Paris 17ème – 01.42.93.13.04 – www.studiohebertot.com

- Photo © Patrick Courtois -

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